Une exceptionnelle cheminée d’époque Napoléon III d’après le modèle de Verberckt et de Caffiéri pour la chambre du Dauphin au Château de Versailles

Époque Napoléon III, vers 1860

Marbre Rouge Griotte, bronze doré

D’après la cheminée réalisée en 1747 par Jacques Verberckt et Jacques Caffiéri pour la Chambre du Dauphin au Château de Versailles, puis réalisée à l’identique sous Napoléon III notamment pour le Salon doré du Palais de l’Élysée, résidence officielle du Président de la République.

H : 119 cm / L : 182 cm / P : 52 cm






Cette extraordinaire cheminée en marbre Rouge Griotte et ornements en bronze doré, d’époque Napoléon III, est une réplique parfaite de la cheminée réalisée en 1747 par Jacques Verberckt, sculpteur, et Jacques Caffiéri, « sculpteur, fondeur et ciseleur du roi », pour la Chambre du Dauphin au Château de Versailles.
Flore et Zéphyr représenté en bronze doré parmi des fleurs délicates en garnissent les jambages, comme une invitation à la poésie.

La chambre du dauphin et la cheminée de Flore et Zéphyr par Verberckt et Caffiéri, Château de Versailles



Le décor de la Chambre du Dauphin au Château de Versailles en 1747

Vue aérienne sur le Château de Versailles


Située au cœur des appartements du Dauphin et de la Dauphine et auparavant cabinet d’études du Régent, la chambre du Dauphin a gardé son décor du XVIIIè siècle, datant de l’époque où les appartements étaient habités par le fils de Louis XV et son épouse Marie-Josèphe de Saxe, soit entre 1747 et 1765. Lors de leur installation dans ces appartements au rez-de-chaussée du palais, l’aménagement et le décor intérieur des pièces est totalement repensé par le Premier architecte du Roi, Ange-Jacques Gabriel. C’est ainsi que la chambre du Dauphin fut entièrement refaite et ornée d’une cheminée en marbre Campan Rouge dont le modèle fut conçu par Jacques Verberckt, qui était également en charge des décors sculptés des appartements.
« La cheminée tire une rare valeur de ses bronzes dorés : aux montants s’attachent deux termes dont la gaine fleurie enserre à mi-corps une jeune figure tenant des fleurs ; à droite est Zéphyre, la joue légèrement gonflée par le souffle ; à gauche, Flore, qui de son bras levé semble s’abriter en souriant. Leur auteur est Jacques Caffiéri. La cheminée de Flore et Zéphyre est une de ses œuvres importantes, qu’il est agréable de retrouver à son ancienne place. » ( in Histoire du Château de Versailles, Versailles au XVIIIè siècle par Pierre de Nolhac, p. 107)

Dessin à l’aquarelle de la cheminée de la chambre du Dauphin,
in « Versailles et les deux Trianons », texte par Philippe Gille, de l'Institut, dessins et relevés par Marcel Lambert,
architecte des domaines de Versailles et des Trianons, publié en 1899-1900, vol. 2.


Issu d’une famille de sculpteurs, Jacques Caffiéri est le plus célèbre bronzier du règne de Louis XV. A la fois sculpteur et fondeur-ciseleur, il travaille pour le roi dès 1736 et déploie son art dans les palais royaux tels Fontainebleau, Versailles, Choisy ou Marly. La cheminée de Flore et Zéphyr est à cet égard, un parfait exemple de son prodigieux talent de bronzier.

Le destin de Flore et Zéphyr à l’époque de Napoléon III

La somptuosité de cette cheminée, l’importante renommée de Caffiéri et l’aura sans pareil du Château de Versailles ont sans aucun doute inspiré les sculpteurs et bronziers du XIXè siècle. C’est ainsi que nous retrouvons une version de cette cheminée au Palais de l’Élysée, résidence officielle du Président de la République française depuis 1848, réalisée à la demande de Napoléon III.


Vue aérienne sur le Palais de l’Élysée


Situé dans le 8ème arrondissement, dans la très prestigieuse rue du Faubourg-Saint-Honoré, cet hôtel particulier fut construit entre 1718 et 1720 par l’architecte Armand-Claude Mollet, à la demande de du Comte d’Évreux, Louis-Henri de La Tour d’Auvergne, ce qui lui vaudra pendant longtemps le nom de Hôtel d’Évreux.
L’aspect actuel du bâtiment, ainsi que l’essentiel de son décor intérieur datent pourtant des années 1853-1867 quand Napoléon III décide de la rénovation complète du palais par l’architecte Joseph-Eugène Lacroix.

Portraits de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie, d'après Winterhalter. Salon des portraits, Villa Masséna, Nice.


C’est ainsi que le Salon doré est créé, pièce centrale située au premier étage du bâtiment. Le salon est décoré en 1861 par Ovide Savreux, sculpteur, et Jean-Louis Godon, peintre, pour en faire la chambre à coucher de l’impératrice Eugénie. Les murs sont garnis de tapisseries provenant de la Manufacture des Gobelins et, surtout, d’une somptueuse cheminée en marbre blanc de Carrare ornée de bronze doré et d’un cartouche central portant le N de Napoléon III. Ici réside le seul élément qui différencie cette cheminée de son modèle du Château de Versailles. En effet, le décor de bronze doré ornant les jambages et représentant Flore et Zéphyr est tout à fait identique, de même que le dessin général de la cheminée et ses dimensions.

Vue sur la cheminée de Flore et Zéphyr, Salon doré, Palais de l’Élysée, Paris.


Zéphyr, représenté sous les traits d’un jeune homme ailé, la chevelure au vent, soutient une importante guirlande de fleurs qu’il semble tendre vers Flore. Celle-ci, les traits fins et les cheveux ceints d’une couronne de fleurs, est également ailée, ce qui est une iconographie plutôt inhabituelle pour la déesse des fleurs et du printemps.
Le décor de bronze doré est d’une rare somptuosité, très raffiné et délicat, arborant des détails minutieusement fouillés. Cette association du marbre et du bronze doré est caractéristique d’une époque qui avait un goût particulièrement prononcé pour le faste et le luxe ; le bronze doré en est, à cet égard, un des matériaux de prédilection.

Le Salon doré, bureau officiel des présidents de la Vème République

Le Général De Gaulle, élu président en 1959, est le premier à choisir le Salon doré pour en faire son bureau officiel, instituant une tradition qui se perpétuera tout au long de la Vème République et qui perdure de nos jours. Le bureau du Président, un exceptionnel meuble de l’ébéniste Charles Cressent réalisé vers 1740, est placé devant la cheminée et c’est ainsi que cette dernière devient la cheminée la plus photographiée et la plus filmée du XXè siècle en France !

Le Salon doré, bureau officiel du Président de la République, lors de la présidence du Général de Gaulle.

Le Général de Gaulle dans le Salon doré, Palais de l’Élysée, vers 1959.

Georges Pompidou, président de la République, dans le Salon doré au début des années 1970.

Le président François Mitterrand dans le Salon doré, Palais de l’Élysée, 1981-1995.

Les présidents Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande dans le Salon doré,
Palais de l’Élysée lors de leurs présidences respectives.

Le président Emmanuel Macron dans le Salon doré lors de son investiture en 2017.

Le Salon doré, Palais de l’Élysée en 2019.

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